jeudi 26 janvier 2012

Constant Huret né le 26 janvier 1870


Constant Huret, surnommé "le Boulanger", né le 26 janvier 1870 à Ressons-le-Long et mort le 18 septembre 1951 à Paris est un cycliste de course de longue distance.
Il a gagné la course sur route de 600 km Bordeaux-Paris (connue sous le nom de Derby de la route) en 1899 et a conservé le record de cette course pendant 34 ans.
Il était également le champion du monde 1900 de demi-fond et a gagné le Bol d'or quatre fois (1894, 1895, 1898 et 1902).
Henri de Toulouse-Lautrec l'a utilisé pour modèle pour son affiche La Chaine Simpson.




Résultats:
en 1894 Gagnant Bol d'Or, Paris (24 courses d'heure), recordman du monde des 24 heures (736kms), recordman du monde des 100kms

en 1895 Gagnant Bol d'Or, Paris, recordman du monde des 6 heures, recordman du monde des 24 heures (829.498kms)

en 1896 Recordman du monde des 6 heures, recordman du monde des 100kms

en 1897 Recordman du monde des 6 heures, Recordman du monde des 24 heures (909.027kms), recordman du monde des 100kms

en 1898 Gagnant Bol d'Or, (Roubaix)

en 1899 Gagnant voyage de distance Bordeaux-Paris

en 1900 Champion du monde plus de 100 km

en 1902 Gagnant Bol d'Or, Paris, recordman du monde des 6 heures


ARCHIVES COMMUNALES

« l’un des plus prodigieux coureurs de fond que nous ayons connus ».

Constant Huret dit « le grand Constant » est né à Ressons le Long le 26 janvier 1870.

Dans un article écrit dans les années 40, par Paul Espeit, journaliste sportif, il est cité avec Fausto Coppi et Henri Van Steenbergen parmi « les incimparables du cyclisme ».

De cet article, nous extrayons ce qui suit :

« passé du fournil du boulanger au quartier des coureurs, après des débuts difficiles, Huret se distingua dans les courses de 6, 12 et 24 heures alors à la mode.

Son palmarès

-vainqueur de Bordeaux-Paris en 1899, 594 km et sur quelles routes ! en 16h35mn soit à 36km/h de moyenne. Entraineur : l’auto rudimentaire de René de Knyff (Panhard-Levassor)

-champion de France de demi fond en 1894

-champion du monde de demi fond en 1900

- vainqueur du Bol d’Or (24h sur piste) en 1894, 1895, 1898 et 1902

- recordman du monde de la distance parcourue en 24 h

1893 736km

1895 829.498km

1897 909.027km

- recordman du monde des 100km en 1894, 1896 et 1897

a noter que l’ex mitron détient à jamais les records derrière entraîneurs humains de la distance parcourue en 6, 12 et 24 h. Evidemment on ne s’attaque plus guère aux records de Huret. N’empêche qu’en fonction de la supériorité qu’il étala alors, on ne voit pas qui aurait pu lui être comparé.

Huret avait la conduite d’un parfait gentleman. En 1894, il alla avec l’américain Wheeler entraîner à tandem le fameux amateur anglais Shorlandt qui battit le propre record du monde des 24 h de Constant Huret avec 741km. Huret reprit le record l’année suivante.

Constant Huret ne fut pas seulement un coureur incomparable : il sut s’élever moralement et écrivit ses mémoires en un style on ne peut plus plaisant »

Paul Espeit



Voici quelques extraits de ses mémoires : « Ma vie, mes souvenirs »qui ont paru en feuilleton dans l’Echo des sports en 1932

« je suis né à Ressons le Long, petit village du soissonnais, le 26 janvier 1870. Mon père était jardinier (de Mainville), ma mère une brave paysanne cousine germaine de mon père Huret Huret.

A l’âge de 12 ans, j’obtins mon certificat et je quittais l’école pour travailler. On me plaça chez un avoué à Soissons comme petit clerc. Je restais chez cet avoué trente mois. J’avais forci. Mes parents firent de moi un boulanger. Ils m’engagèrent à Soissons.

A l’âge de 18 ans, j’étais un ouvrier parfait. Je travaillais alors à Vierzy. Lorsque je fus libéré du service militaire, je repris comme à regrte mon métier de boulanger mais ayant de plus en plus la passion du vélo et des compétitions.

En 1893, je travaillais à St Bandry.

Le samedi 24 décembre, je pris à Paris le départ d’un course de 24 h. je ne devais plus faire de pain.

En 1895, un journaliste écrivait : Constant Huret est le meilleur coureur de fond du monde…

On vous dira que la route vous casse les jambes. Non, il y a la manière. Je me souviens d’être parti de Paris un matin de juin au lever du soleil avec l’intention de rouler toute la journée vent arrière. Le vent soufflant du nord, je pris la direction du sud et me retrouvais le soir à St Etienne…

Au firmament cycliste s’était levée une étoile de première grandeur. Ce jeune champion se nommait Petit Breton. Il confirma sa grande classe dans le Tour de France. Nous devions nous rencontrer pour la dernière fois dans le Bol d’Or de 1902. Petit Breton prit la seconde place. Cette victoire sur un jeun me prouvait que non seulement je n’étais pas déchu mais en progression…

(Malheureusement, peu après, Huret fut victime d’un accident au cours d’un entraînement au parc des Princes.)

Constant Huret était mort pour le sport cycliste. Je finissais en beauté. Jamais je ne connaîtrais le déclin. A l’age de 35 ans, il me fallait repartir. Je me fis loueur d’auto, conduisant moi-même ma voiture. Je promène un peu partout des touristes étrangers, le plus souvent de richissimes américains…

Seize années s’étaient écoulées depuis mon terrible accident. C’est alors que le destin capricieux mit sur mon chemin une jeune fille de vingt ans qui me plut. Malgré une différence d’âge marquée (28 ans), je l’épousais. Elle m’a donné trois enfants, deux garçons et une fille »

On trouve aussi dans ce livre de souvenirs « une pensée profonde qui peut surprendre ».

« Celui qui présida à notre destinée semble un artiste plein d’ironie. S’il a voulu pour tous la m^me arrivée au but d’égalité, il n’en est pas ainsi du départ qui ressemble à un magnifique handicap. »

« celui qui raisonne avec simplicité se dira toujours : le doute est-il donc si grand qu’il faille cet apparat dérisoire pour faire croire en Dieu ? »

« l’automobiliste plus que tout autre ne sait pas s’il couchera le soir dans son lit, en prison, à l’hôpital ou à la morgue… et l’on ne prie pas. »

« je fis l’acquisition d’un ouvrage scientifique de Camille Flammarion. Embrayé sur la science de la cosmographie, je fis plus tard l’achat d’un télescope. Quoi de plus émouvant que de contempler par une nuit transparente notre voisine Mars, le croissant de Vénus, les cratères lunaires ou l’imposant Jupiter. Face à cette immensité où roulent des milliards de mondes, nous sentir et nous voir à nos proportions véritables, c’est-à-dire rien du tout ou si peu… un tout petit pas à faire pour devenir meilleurs. »

« sur la route de la vie, personne n’a placé d’indicateurs aux carrefours. »

« lorsque vous faites l’acquisition d’une pendule, n’a-t-elle pas sonné des heures avant de vous appartenir ? mais que faire d’une montre quand le ressort est cassé ? »

« je n’aime pas ls gens qui regardent leurs pieds quand ils parlent. »

« j’ai occupé mes loisirs à la lecture. Lire c’est cueillir. Tous les beaux livres sont mes amis. »

« une trop grande fortune gâte, par les ennuis qu’elle suscite, tout ce qui fait la joie de vivre. Trop d’argent devient une calamité. »

« Tous nos champions sont en pleine jeunesse. C’est l’âge où l’appel des sens va se manifester impérieusement. Comment se conduire. On n’arrête pas un torrent. Si on le détourne, où va-t-il s’en aller. Conclusion : oui, mais soyez très modérés. Usons, n’abusons pas. Vénus est une maîtresse exigeante. Consacrons-lui une fin d’après-midi mais gardons jalousement notre vie. »



La maison située 3 rue du Routy à Ressons était la propriété de Constant Huret qui l’avait fait construire en 1926 sur une parcelle de terre achetée en 1914.

En 1899, Constant Huret figure sur la liste des membres honoraires de la Société de Secours Mutuels de Ressons avec la mention : Constant Huret, cycliste.

Constant Huret est mort à Paris le 18 septembre 1951


source: http://www.ressonslelong.com



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