mardi 1 décembre 2009

Jules Deloffre



Jules DELOFFRE

Coureur cycliste


La vie entière de Jules Deloffre est dédiée au vélo : il participe à 14 Tours de France, ainsi qu’aux grandes courses et réalise des records en salle. Il est marchand de cycles. Âgé, il continue de participer à des courses en cyclotouriste avant de trouver la mort accidentellement en vélo.

Jules DELOFFRE dispute à 14 ans sa 1ère course dans une fête de village, en 1900, puis il participe à de très nombreuses reprises aux plus grandes courses, comme amateur isolé. De 1908 à 1928, il prend le départ de 14 Tours de France (record de participation qui tiendra jusqu’en 1985), 7 avant la première guerre, et 7 après. Il en termine 7, remportant plusieurs étapes (dont 3 en 1911) dans la catégorie des isolés. Son palmarès est remarquable :

1909 : 16e sur 55 classés
1910 : 15e sur 41 classés
1911 : 15e sur 35 classés (2e des isolés)
1912 : 21e sur 41 classés (1er des isolés)
1913 : 12e sur 25 classés (2e des isolés)

1914 : 36e sur 54 classés
1921 : 26e sur 38 classés

Il dispute également les courses classiques les plus prestigieuses de l’époque : Paris-Roubaix (22e en 1908, 27e en 1911, 28e en 1912), Bordeaux-Paris ( 10e en 1911, 12e en 1913, 14e en 1914, 13e en 1923, 6e en 1924, 11e en 1925, 13e en 1926), Paris-Bruxelles (9e en 1909, 16e en 1921, 17e en 1923, 19e en 1927), Paris-Brest-Paris (19e en 1911), et aussi le Bol d’Or (2e en 1925), la Polymultipliée, le Critérium des As et les grandes épreuves régionales.
En fait, Jules DELOFFRE assure ainsi la promotion de son commerce : il est marchand de cycles au Cateau. Son magasin, situé sur la Place verte, s’appelle « Au Tour de France ». Il s’exhibe parfois dans des spectacles avec des démonstrations d’endurance. En outre, amateur de belles mécaniques, il collectionne les voitures anciennes.
Il est cycliste pendant son service militaire, et aussi pendant la Première Guerre mondiale, près de Verdun.


Jusqu’à un âge avancé, il participe à des courses en cyclotouriste : ayant dépassé la soixantaine, il termine le Tour de France cyclotouriste (3 000 km), et il réalise encore facilement Le Cateau-Paris !
Après sa retraite sportive, il continue à assister aux courses régionales, et c’est en revenant à bicyclette du Critérium International de Cambrai remporté par Jacques ANQUETIL le 13 octobre 1963, qu’il est renversé par une voiture à la sortie de Caudry, et ne survit pas à ses blessures. Le « Père Jules » avait 78 ans.


En réalité, Jules Deloffre, originaire de Caudry, était connu comme Catésien dans le Tour.

Le père Deloffre

au Tour de France

Extrait de : Ça, c’est le Tour de France, par Michel Duino (Marabout Junior 1955)

… Originaire du Cateau , [Jules Deloffre] était le plus vieux coureur du Tour, non pas par l’âge, mais par les années de participation. En 1923, il le courait pour la dixième fois.
Il le courait avec un plaisir évident, bien que le Tour lui-même ne lui rapportât jamais un sou. Il est vrai qu’il avait son petit système personnel pour gagner sa croûte.
À chaque arrivée – car Deloffre arrivait – il effectuait pour les badauds ébahis un « cul-tourniau », c’est-à-dire un saut périlleux.
- Inouï ! s’exclamaient les spectateurs. Avoir 300 kilomètres dans les jambes et réussir ça, vrai, c’est mieux qu’au cirque !
Puis, Deloffre passait devant « son » public, casquette à la main, et remerciait en chantant « Le P’tit Quinquin » ou une rengaine à la mode du genre : « Dolorosa, c’est la femme des douleurs… »
Quand il n’avait pas envie de faire l’acrobate, coiffé d’un chapeau haut-de-forme, il vendait des cartes postales à son effigie. Pour beaucoup de Français, le Tour, c’était lui…

Jules Deloffre au Cateau

Jules Deloffre est né à Caudry le 22 avril 1885 mais toute sa carrière s’est déroulée au Cateau.
Son magasin de cycles « Au Tour de France » était situé sur la place Verte (actuelle place du 3 septembre 1944)

En 1983, une rue du Cateau (donnant avenue Delattre de Tassigny) reçoit son nom et le premier critérium cycliste Jules Deloffre est organisé. Depuis cette date, il est organisé régulièrement chaque année au mois de mai.
Son vélo doit prochainement être remis en don à la ville, pour être ensuite exposé.



Texte : Christiane Bouvart - 2005

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